Digital nomad : le Graal des Millenials, vraiment ?

Digital nomad : le Graal des millenials, vraiment ?

Apparu aux Etats-Unis il y a une vingtaine d’années, le terme « digital nomad » n’est devenu populaire en Europe qu’au début des années 2010, profitant d’une part du développement de l’internet haut débit au niveau mondial et d’autre part de la démocratisation du prix des billets d’avion. Aujourd’hui, ses représentants sont partout : dans les revues RH, dans les blogs, dans les podcasts, sur youtube… On présente le « nomadisme numérique » comme l’idéal de tous les millenials. Plus de hiérarchie, plus de collègues, plus de contraintes ! Quelles sont les raisons d’un tel succès ? Quelle en est la rançon ? N’existe t-il pas des alternatives intermédiaires, moins radicales mais qui prennent néanmoins en compte certaines de ces aspirations ?

One size fits all digital nomads

Pour bien appréhender le phénomène, il faut déjà le définir. Dans l’inconscient collectif de nos millenials, un digital nomad est un travailleur indépendant proposant une prestation intellectuelle ou artistique qu’il peut exercer n’importe où dans le monde grâce à internet. Cette liberté lui permet ainsi de voyager et de se sédentariser temporairement dans les pays où le coût de la vie et le climat lui sont les plus favorables (la Thaïlande, l’Indonésie et le Cambodge se tiennent la corde selon l’étude Hometogo).

Cette quête n’est pas forcément évidente pour les générations antérieures, car ils ont connu un contexte d’entrée dans la vie active totalement différent. D’abord, les études sont devenues longues : bac+2, bac+3 sont un minimum aujourd’hui et bac+5 est presque devenu la norme. Ensuite, il n’y a plus de césure dans cette longue période d’études : le service militaire a été aboli et la pression du chômage de masse dissuade les futurs travailleurs à différer leur entrée dans la vie active après l’obtention de leur diplôme. Enfin, alors que tout au long de leur scolarité, on laissait progressivement aux étudiants de plus en plus d’autonomie, ils se heurtent de plein fouet à une rigidité de l’organisation du travail qu’ils sous-estimaient. Ainsi peut naître une frustration, un sentiment d’être passé à côté de certaines expériences, de ne pas être à sa place.

Les digital nomads, de plus en plus nombreux et médiatisés, deviennent dès lors les modèles qui incarnent leurs idéaux. De l’indépendance, de la liberté, de l’autonomie, des voyages, la sensation de produire quelque chose, d’être utile et d’être rémunéré en conséquence… Pour autant, est-ce qu’un mode d’organisation peut s’appliquer à toute une génération, dont les besoins évolueront en plus selon leur âge, leur situation, etc ? Si le nomadisme digital répond à court terme aux attentes des millenials, ne leur fait-il pas perdre également des avantages à plus long terme ?

Le revers de la médaille

Youtube est inondé de vidéos de digital nomads qui parlent de leurs activités et de leurs aventures. Tous connaissent un incroyable succès, leurs clients sont géniaux, leurs tâches intéressantes, leurs voyages merveilleux, leurs rémunérations excellentes… Une vraie vitrine de vie de rêve… qui comme pour instagram, n’est partagée que par une minorité d’entre eux sur le long terme ! En effet, qui peut croire, une fois les généreux Assedics, octroyés grâce à leur ancien emploi, arrivés à échéance, que l’on peut bien vivre avec moins de 1000€/mois, même dans un pays à bas coût ? Comment construit-on une épargne, un patrimoine, un avenir financier avec un tel revenu ? Car très rares sont ceux qui arrivent à maintenir le même niveau de ressources entre leur ancienne et leur nouvelle vie !

Foin de ces considérations matérialistes, parlons de l’essentiel : la santé ! C’est une vérité dont les français ne se rendent compte qu’en voyageant dans d’autres pays : les dépenses de santé ont un coût exorbitant ! Etant jeune, ce n’est pas une priorité et les assurances et diverses mutuelles coûtent cher ! Mais en cas de pépin sérieux, le coût d’une hospitalisation et de soins peuvent se compter en mois de revenus, même dans les pays à bas coût. Qui plus est sans la possibilité de travailler pendant cette période pour le digital nomad !

Enfin, même s’il s’en défend, le digital nomad mène une vie de solitaire. Son indépendance, sa soif de voyager, de découvrir, d’expérimenter implique qu’il ne peut pas rester très longtemps au même endroit et avec les mêmes personnes. Sans doute est-il plus enclin à faire connaissance avec un groupe d’inconnus et se faire des relations rapidement. Sans doute l’est-il moins à nouer des relations plus profondes, plus engageantes. Comment concilier leur objectif de vie et une vie de couple ? Une vie de famille ? Bien sûr ce sacrifice est invisible sur le moment, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’existe pas…

L’emploi en télétravail : un compromis pour le digital nomad ?

Les entreprises, petites, moyennes ou grandes, accordent de plus en plus de télétravail à leurs salariés. C’est un fait, nous l’avons prouvé et détaillé dans cet article. Certes, c’est pour le moment à titre occasionnel ou à un rythme léger (1 à 2 journées par semaine), mais c’est un premier pas, une porte entrebâillée. Peut-être est-ce maintenant aux télétravailleurs de saisir l’opportunité et de prouver l’efficacité de cette organisation du travail. Organisation qui ne leur permet pas de vivre 365 jours/an au bout de monde, mais de bénéficier du système français de protection sociale et de passer 3 ou 4 jours d’affilée – en intégrant le week-end – hors de leur bureau. Par exemple à explorer notre bonne vieille France, particulièrement bien dotée en infrastructures de transport et en internet haut-débit 😉. Ça tombe bien, notre site propose des dizaines d’offres d’emploi en télétravail, accessibles par notre moteur de recherche.

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Philosophie du télétravail

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